SUR LA GRÈVE
Océan déchaîné, tes vagues déferlantes
Résonnent dans mon c½ur comme un triste refrain,
En mouvements lascifs de quelques valses lentes,
Un infini prélude à mon présent chagrin.
Combien j'aimerais fuir les multiples contraintes,
Les tourments de la vie et les pleurs de la mort,
Pour connaître l'amour au gré de tes étreintes,
Puis, apaisée enfin, toucher l'ultime port !
Hélas ! je ne puis rien, figée en cette grève,
Qu'admirer le soleil se couchant sur tes eaux,
Doux souvenir d'un jour, crépuscule d'un rêve
Que je quitte à regret sous les cris des oiseaux.
Pour qui, pourquoi survivre et durant des années
S'étourdir en quêtant l'image du bonheur
Qui se refuse à nous, pauvres âmes damnées
Prisonnières d'un feu diabolique et trompeur ?